lundi 12 décembre 2011

Découp'âge

En pédagogie Montessori, le respect du rythme de l'enfant (rythme de vie et rythme d'apprentissage) est primordial. En effet, l'enfant traverse ce que Maria Montessori a appelé des "périodes sensibles", c'est-à-dire des périodes où il est poussé vers certaines activités qui correspondent à ses besoins de construction : ce pourra être les couleurs, l'apprentissage du langage ou encore comment monter un escalier... Ce sont des périodes de fascination passagères, qu'il faut donc savoir "saisir" pour offrir au bon moment les bons moyens... [Nota : c'est en cela que l'enseignement Montessori me fascine : il nourrit l'enfant qui a faim lorsqu'il le réclame... on est loin d'un système "classique" où 35 troizans doivent faire exactement la même chose au même moment, sous peine d'être sévèrement punis.]

Bref. En septembre dernier, alors que nous faisions les courses de rentrée pour ses grandes soeurs, Elliott a montré un vif intérêt pour une paire de ciseaux. De retour à la maison, il les a soigneusement rangés et a continué d'en être le fier - et unique - propriétaire, mais n'a jamais voulu que je lui montre "comment ça marchait".
Alors, nous en sommes restés là, et lui et moi.
Et voilà qu'aujourd'hui, alors que je m'apprêtais à préparer le déjeuner, mon petit bonhomme vient me trouver, ses ciseaux à la main, et me dit "viens, maman" en tirant sur ma veste. C'était LE moment !

Il s'est installé à sa table. Je me suis mise à sa droite, et je lui ai montré et expliqué comment tenir ses ciseaux. Ensuite, j'ai pris une bande papier (qui attendait depuis longtemps ce moment !), et je l'ai coupée. J'ai recommencé, puis j'ai posé les ciseaux et lui ai demandé s'il souhaitait essayer. Il m'a dit "oui" et a saisi les ciseaux. Au début, je lui ai tenu les bandes de papier. Il en a découpé 3 ou 4, en menus morceaux. Puis il a continué son activité seul. Hyper concentré, ouvrant graaaand sa bouche à chaque fois qu'il devait rouvrir ses ciseaux, tenant sa bande de papier dans la main gauche - pendant tout le temps que j'ai préparé le repas. Il a même fallu que je l'attende un peu pour manger !

Mes rideaux n'ont qu'à bien se tenir, maintenant !...


samedi 19 novembre 2011

Semaine Européenne de la Réduction des Déchets

C'est aujourd'hui que débute la Semaine Européenne de la Réduction des Déchets : une semaine dédiée à la sensibilisation du public sur différents moyens de faire maigrir sa poubelle.

Pourquoi est-ce important ?
Parce que les déchets ont non seulement un coût environnemental mais aussi financier. Il n'y a pas que la planète qui trinque : le contribuable aussi...
Jeter moins, c'est souvent synonyme de consommer mieux, ou différemment. Le simple fait de se dire "que pourrais-je mettre en oeuvre, chez moi, ou sur mon lieu de travail, pour diminuer la quantité des déchets que je produis ?" est une démarche positive.

Concrètement, que faire, sans tout bouleverser ?
Ca peut être aussi simple qu'utiliser un panier plutôt que des sacs jetables, ou acheter en vrac plutôt qu'en paquet. Ca peut être boire l'eau du robinet, ou fabriquer ses yaourts, utiliser des piles rechargeables, donner ce qui peut l'être, apposer un autocollant STOP PUB sur sa boîte aux lettres, offrir des cadeaux dématérialisés à Noël (un resto, une place de cinéma...), troquer ses lingettes jetables et ses produits d'entretien contre quelques lingettes en microfibre et un nettoyant "tous usages". Ca peut être utiliser des objets durables (gourde plutôt que bouteille en plastique en pique nique par exemple), composter ses déchets de cuisine et déchets verts du jardin, utiliser des couches lavables pour ses enfants, éviter d'acheter des plats cuisinés, conserves etc. (pas forcément bons pour la santé, en plus !). Bref, des dizaines de petits gestes qui ne révolutionneront pas votre vie mais contribueront à diminuer le volume de votre poubelle.

A titre d'exemple, ici, entre autres, nous compostons, nous buvons de l'eau du robinet, nous avons utilisé des couches lavables pour Elliott (époque quasi-révolue aujourd'hui), nous cuisinons le plus possible (soupe maison, petits plats maison, très très peu de conserves), il nous arrive de faire nos yaourts, nous n'utilisons plus que 2 produits d'entretien (un multi-usages et du vinaigre blanc pour le calcaire) ainsi que des lingettes en microfibre, et nous "produisons", à 5, un sac poubelle de 30 litres de déchets ménagers par semaine, et un sac jaune tous les 15 jours... Un résultat dont nous sommes tous assez fiers ! ;-)

Et vous, vous faites quoi ?

vendredi 18 novembre 2011

J'ai lu pour vous : "Le bambin et l'allaitement"

Le bambin et l'allaitement • Norma Jane Bumgarner • Ed° Ligue internationale La Leche

Lorsque j'ai vu ce livre dans la bibliothèque de l'association de maternage que je fréquente, j'avoue avoir été naturellement portée vers lui : quoi de plus normal, en effet, puisqu'Elliott, malgré ses 26 mois, est toujours un enfant allaité. L'allaitement avec un enfant de cet âge se fait de plus en plus rare, et de plus en plus tabou ; d'ailleurs, le fait même d'allaiter un "grand" enfant est suffisamment regardé de travers pour que l'on se cantonne à donner le sein dans l'intimité du foyer familial... et cela devient donc d'autant plus difficile d'identifier des "collègues d'allaitement long".
Avec son titre "Le bambin et l'allaitement", je me suis dit : tiens, un livre pour moi ! Le hasard a fait que j'ai ouvert le livre au chapitre traitant du sevrage, un point qui me travaille pas mal ces temps-ci. J'ai survolé une page ou deux, et j'ai pu m'y retrouver totalement. Et je pense que de nombreuses mères allaitant un bambin s'y retrouveraient, tout comme moi, malgré toutes nos différences. Car c'est là la force de ce livre : rédigé par une journaliste et animatrice de la Leche League, Norma Jane Bumgarner, inspiré par sa propre expérience de l'allaitement long et celle de près de mille autres enfants, ce livre passe en revue tous les sentiments qui peuvent animer une mère allaitant un enfant qui grandit. Et très loin d'être un livre dogmatique, ce livre apporte des réponses aux questions, mais surtout rassure : rassure quant aux sentiments que l'on éprouve parfois (ras-le-bol, par exemple !), rassure quant à la manière que chacune aura de vivre son allaitement... ou de le voir finir.

Une citation, parmi tant d'autres : "Si votre enfant de deux ans a besoin de téter plus souvent que la plupart des autres du même âge (c'est-à-dire plus souvent qu'aux périodes suivantes : au réveil, au coucher, une ou deux fois durant la nuit, pour la sieste, et chaque fois que vous vous asseyez ou que vous vous étendez), [...]". Peu importe la fin, ce que j'aime, c'est la parenthèse : parce que quand on a un enfant de 2 ans qui tète au réveil, au coucher, pour la sieste, la nuit, etc., on se demande vraiment si c'est normal !! 

En vente dans la boutique de la Leche League (http://www.lllfrance.org/Boutique/Livres/Le-bambin-et-l-allaitement.html) au prix de 9€, je le conseille à toutes celles qui allaitent longtemps... en se posant (parfois) des questions !


Quelques informations "techniques" :
- le livre est divisé en 4 parties : 1. Pourquoi allaiter votre bambin ? - 2. Comment allaiter votre bambin - 3. L'allaitement du bambin d'une année à l'autre - 4. Le sevrage ;
- chaque partie est divisée en 4 ou 5 chapitres ;
- on y trouve de nombreux conseils et astuces, certains "pièges" dans lesquels on peut éviter de tomber (si on lit le livre avant !), jamais d'affirmations catégoriques ou d'idées arrêtées ;
- j'ai particulièrement apprécié le respect de l'auteure pour les mères et leurs enfants, mais aussi pour les pères et les couples en général ;
- ce livre se lit très facilement.


lundi 16 mai 2011

Semaine Internationale de la Couche Lavable 2011

Dans le cadre de la Semaine Internationale de la Couche Lavable, j'organise le
samedi 21 mai 2011
de 15h à 18h
une animation au
Centre Social Jacques Boyer 
à Vitré (27 rue Notre Dame).

Au programme : exposition de différents modèles, présentation des couches lavables et de leurs bienfaits, informations et conseils pratiques, échanges avec les parents utilisateurs, démonstrations, essayages... et studio photo !
Avec la collaboration de Matthieu Vigouroux, alias Photomatth, photographe de Vitré, vous pourrez recevoir gratuitement une photo de votre bébé en couche lavable : prêt de couches sur place ou bien venez avec votre plus belle couche !!

Pour me contacter : florence.bedon@bulledecoton.org


Photomatth, photographe de Vitré

samedi 19 juin 2010

Gavante, la diversification ?

Un samedi après-midi de juin, par une chaleur orageuse, presqu'écrasante. C'est jour de gala de judo, mais dans la salle des fêtes où se déroule l'événement, Elliott et moi manquons d'air. Installés à l'ombre d'un grand arbre, nous ne verrons pas les passages de grades, mais serons témoins d'un autre "spectacle". Une petite Julia, qui semble être sensiblement du même âge qu'Elliott, vient d'être, elle aussi, posée dans l'herbe par son papa. C'est l'heure du goûter.
De son super sac glacière, le papa de Julia sort une couche (tiens, on ne m'avait pas dit que les Pampers se conservaient mieux au froid ?!), un bavoir, une compote et deux petits suisses. Le parfait attirail du goûter parfait de bébé parfaitement diversifié. Mais alors, où est l'erreur ???, me direz-vous.

Et bien, "l'erreur" fut triple (à mes yeux, ça va de soi) : tout d'abord, Julia nous tourne le dos. Ce n'est pas un hasard : son papa ne veut pas qu'elle soit distraite par l'autre bébé (mon fils, en l'occurrence). Sauf que justement, c'est ça qui l'intéresse ; et de tourner la tête, et de faire tous les efforts du monde pour tenter de nous avoir dans son champ de vision. Là, deuxième erreur : son père l'appelle de son prénom, et la siffle (si si, je vous jure, il la siffle comme vous le feriez de votre chien pour qu'il revienne au pied), histoire d'attirer son attention. Parce que ça l'énerve, son papa à Julia, de voir que sa fille n'est pas concentrée sur son goûter, sa petite cuillère, son pot de compote et son petit-suisse. Alors il la siffle, la rappelle à l'ordre avec autorité (normal, c'est un père, il faut bien qu'il montre qui est le chef), la rassied d'aplomb dans son axe à lui, et dès qu'elle se retourne enfin vers lui, hop, il lui enfourne sa cuillère dans le bec. Est-il nécessaire d'ajouter il lui enfourne "de force" ? (et c'est là la troisième erreur, vous l'aurez compris).

Ce papa, qui ne manquait certes pas d'autorité, était toutefois dépourvu de jugeote : s'il avait seulement installé sa fille en sorte qu'elle voie "l'autre bébé", il aurait pu la gaver sans même qu'elle s'en rende compte. Julia n'avait pas faim de compote et de petit-suisse, elle avait faim de rencontres, de découvertes et d'échanges. Mais 16h, ce n'est pas une heure pour ces choses-là, c'est une heure pour le goûter, point. Son éveil passera sans doute à travers des dizaines de jouets tous plus sophistiqués les uns que les autres ; en attendant, elle n'aura pas eu le droit de nous regarder, pas eu le droit de toucher l'herbe, pas eu le droit de mettre les doigts dans sa compote. Son goûter aura été avalé en quelques minutes, à l'heure dite (par le père), sans bavure ni tâche. Pas de mains sales, pas même de bouche à essuyer (le papa est un tireur d'élite, il faut dire que c'est au moins son troisième enfant, on sent qu'il a l'expérience du gavage à la petite cuillère). Respect.

Et Elliott ?
Et bien, Elliott mange des souris vertes* pendant que sa maman lui pèle un abricot. Et c'est Elliott qui prendra dans sa main les morceaux d'abricot que lui tendra sa maman, et les portera lui-même à sa bouche. Hummm, que c'est bon ! Deux abricots plus tard, Elliott s'en est fait un masque sur tout le visage (l'abricot, c'est très bon pour la peau), et sa maman en a plein les doigts. Deux abricots plus tard, c'est aussi un bon quart d'heure plus tard, car Elliott, tout glouton qu'il est, a eu besoin de faire une pause pour observer Julia et son papa. Qu'importe, puisque nous n'avions pas de train à prendre, qu'il n'y avait pas le feu (ni au lac, ni à l'arbre), que c'était samedi et qu'il faisait beau (pour une fois !).

Dès les débuts de la diversification alimentaire avec Elliott, nous avons pris la chose de manière très "cool". Pourtant, ce n'était pas cuit d'avance : en effet, quand il avait 5 mois environ, j'ai commencé à "stresser" sur le sujet : comment allais-je m'y prendre ? Que lui donner en premier ? A quel moment le faire téter ? le faire manger ? En quelles quantités ? Des questions qui m'avaient finalement très peu perturbée pour mes deux filles, puisque je faisais alors une confiance aveugle au tout-industriel et me référais aux étiquettes "dès 6 mois", "dès 9 mois" etc. des petits pots et, accessoirement, aux nounous qui gardaient mes chérubines. Là, la situation se présentait différemment : pas de nounou, une maman à la maison, deux expériences de diversification finalement peu satisfaisantes (je reconnais avoir fait preuve d'aussi peu de délicatesse avec mes filles que le papa de Julia avec la sienne...), un bébé toujours allaité à la demande, bref, un contexte totalement différent. Pour quel résultat ?

Tout d'abord, nous avons décidé de laisser à Elliott le temps de choisir QUAND commencerait sa diversification. Depuis sa naissance, Elliott a toujours été présent à nos repas : soit sur nos genoux, soit, une fois qu'il a tenu assis, dans sa chaise. On s'est dit que naturellement, un jour où l'autre, il finirait par s'intéresser au contenu de nos assiettes et par vouloir nous imiter. Lorsqu'il a été capable de porter ses jouets à sa bouche, donc de les saisir seul, il en a fait de même avec la nourriture. Exit les compotes données à la petite cuillère les bras attachés dans le dos, on a opté pour les morceaux de légumes et de fruits fondants, à attraper et à manger soi-même.

La diversification, jusqu'à un an, est affaire d'éveil plus que d'alimentation : en effet, les besoins alimentaires sont comblés par les apports en lait (que le bébé soit allaité ou non), le reste (entendez par-là les solides) n'étant qu'une étape d'un processus d'apprentissage qui consiste à "manger comme un grand", c'est-à-dire mastiquer, avaler. Tout comme l'enfant apprendra à marcher par étapes, il apprend à manger par étapes. Et ces étapes ne passent pas nécessairement par une phase purée passée au tamis, puis une phase purée écrasée à la fourchette avant une phase morceaux. L'enfant peut, physiologiquement, se débrouiller avec des morceaux, pour peu qu'on ne les lui mette pas de force dans la bouche (c'est lui qui gère !) et que ce soient des morceaux "fondants" (pas de carotte crue, ça va sans dire...).

Elliott ne mange que ce qu'il porte lui-même à sa bouche...

C'est, au final, un exercice de motricité fine qui s'avère risqué uniquement pour les vêtements de l'enfant et le sol de la cuisine... Mais pour l'enfant en question, ce sont de grands moments de découverte, et de bonheur : en plus des saveurs, il découvre les couleurs et les textures des différents aliments qu'on lui propose ; il découvre aussi que la patate douce trop cuite s'écrase dans la main, alors que la poire glisse si on la serre trop fort. Et puis, c'est vraiment lui qui décide quand arrêter de manger. Et maman ne stresse pas parce que le petit pot n'est pas fini aujourd'hui. J'ai appris, fortuitement, que ce mode de diversification s'appelle la diversification autonome et consciente (voir référence plus bas). Encore une chose que je n'aurai pas inventée - quelle déception !


 Une diversification autonome suppose une maman pas trop portée sur la propreté
de la tenue vestimentaire de son enfant...

Bien entendu, d'ici quelques mois, quelques années tout au plus, on ne verra plus de différence entre l'enfant qui aura ingurgité des purées bien lisses de 6 à 9 mois et celui qui aura refait le carrelage de la cuisine biquotidiennement durant la même période. Je n'ai personnellement pas de recul pour évaluer d'éventuelles conséquences à long terme de ce "nouveau" mode de diversification. Mais je peux vous assurer par contre que la zen attitude est quelque chose de très appréciable - pour nous, pour notre fils, et pour les autres personnes autour de la table.

Au-delà de l'anecdote initiale, je voulais réfléchir au message que nous délivrons à nos enfants au cours de ces périodes-clés de la toute petite enfance. Pourquoi la diversification alimentaire devrait-elle prendre des airs de gavage industriel ? Quel en est l'intérêt ? Sans doute un gain de temps pour les parents - pas de pédalage dans la semoule, mais pour l'enfant ? Que retiendra-t-il de ces instants de gavage passif ? Doit-on (le faire) manger seulement pour s'alimenter ? Ne peut-on pas aussi (le faire) manger avec plaisir, à défaut de (le faire) manger pour le plaisir ?

Tout bien considéré, ce qui importe le plus n'est peut-être pas tant ce que l'on donne à manger - petit pot ou fait maison, purée bien lisse ou morceaux fondants - mais la manière dont on le donne, dont on partage ce moment avec lui...

 Quel plaisir d'être à table !!

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Quelques idées de lectures complémentaires :
  • L'introduction des solides chez les bébés allaités : un dossier publié dans la revue de La Leche League, Allaiter Ajourd'hui n°62.

mercredi 28 avril 2010

Semaine Internationale de la Couche Lavable

Du 26 avril au 2 mai, profitez de la Semaine Internationale de la Couche Lavable pour vous renseigner et, pourquoi pas, essayer ! De nombreuses boutiques participantes offrent jusqu'à 30% de réduction sur les couches lavables et leurs accessoires... Pour ma part, après avoir effectué la mise à jour des fichiers de l'Association pour la Promotion des Couches Lavables Bulle de Coton* et après avoir référencé les boutiques virtuelles* s'étant manifestées, je pensais jouer à "a pic a day" et vous montrer les couches d'Elliott dans tous leurs états... Mais voilà, pas de temps, d'autres priorités, des rhumes qu'on n'en finit plus de soigner et des poussins très demandeurs de leur maman, alors ce sera "one pic for the week", épicétou ! (Au passage, je vous prie d'admirer mon étendoir à linge, installé par mon chéri, et dont je suis très fière -du chéri, et de l'étendoir !!!)

jeudi 1 avril 2010

On se fait signe ?

En novembre dernier*, je vous avais fait part de ma découverte de l'utilisation de la langue des signes avec les bébés, comme aide à la communication préverbale (c'est-à-dire avant que l'enfant ne parle) : étonnée, charmée, un peu inquiète et déroutée aussi, je m'interrogeai alors sur les éventuels dangers d'une telle méthode : n'était-ce pas sur-stimuler l'enfant ? Quelle influence cela aurait-il sur le langage ? N'y aurait-il pas de risque à en retarder l'acquisition ?

Je prends enfin quelques instants pour faire le point sur la question et vous présenter ce qu'il en est aujourd'hui pour nous...


Signer avec bébé : pour quoi faire ?

Pour communiquer, tout simplement ! Explication rapide autour de deux constats :
- premier constat : lorsque nous communiquons avec nos tout-petits, nos associons assez spontanément des gestes à nos paroles (pensez à "au revoir" par exemple). Utiliser des gestes de la langue des signes plutôt que de son répertoire personnel et familial permet juste d'être compris plus largement.
- deuxième constat1 : dans les familles où un des parents est malentendant et utilise la langue des signes, les très jeunes enfants (dès l'âge de 8-10 mois) signent, alors même qu'ils ne savent pas parler. Là où certains enfants doivent attendre d'avoir toutes leurs facultés articulatoires pour se faire comprendre, d'autres peuvent s'exprimer grâce à leurs mains, maîtrisées bien plus tôt !

Qui n'a jamais vécu, avec un enfant qui ne maîtrise pas encore bien le langage articulé, cette scène où votre enfant vous répète vingt fois la même chose, de plus en plus fort d'ailleurs car vous vous obstinez à ne pas comprendre, s'énerve et trépigne, ou abandonne la lutte, et passe à autre chose ?! J'e me souviens de l'époque où j'étais enceinte de Zoé, et que sa grande soeur (qui avait alors à peine plus d'un an) disait sans cesse "zoué" et que tout le monde croyait qu'elle voulait jouer, alors qu'en définitive, elle voulait parler du bébé...
Et bien voilà : en donnant un répertoire de signes à l'enfant, pour désigner les choses ou exprimer ses besoins ou ses émotions, celui-ci peut tout simplement mieux se faire comprendre. Ainsi, on peut atténuer la frustration ressentie par l'enfant qui VEUT dire des choses mais ne peut les exprimer qu'au travers de cris/pleurs qu'il nous est parfois difficile de décrypter. Signer avec son enfant, c'est s'ancrer un peu plus dans la proximité avec son enfant, c'est s'adapter à ses capacités pour mieux le comprendre, en se donnant les moyens d'utiliser un même "code" qui n'est pas le code oral... L'idée n'est donc pas de bourrer le crâne des enfants dès leur plus jeune âge, mais bien de pouvoir entrer en communication plus facilement avec eux.


Et l'acquisition du langage, là-dedans ?

Et bien, rien de plus, ni de moins : elle se fait naturellement, comme pour les autres enfants... Car le signe n'est pas coupé du mot : on continue d'oraliser normalement, les signes ne ponctuant que de-ci de-là notre discours. Le signe ne substitue pas le langage, il l'illustre. L'enfant reçoit donc les deux informations, gestuelle et auditive, qu'il intègre de la même façon. Ses capacités physiques lui permettront de reproduire la gestuelle avant l'articulation du mot, mais le mot (et ce qu'il représente) sera acquis de la même façon, au même moment.
(Certains avanceraient l'hypothèse selon laquelle l'apprentissage du langage serait même plus précoce chez les bébés signeurs, qui auront pu découper plus facilement la chaîne sonore et de fait, identifier les mots, grâce aux signes... Peu importe, le but des parents signeurs n'est pas d'avoir un singe-savant, mais bel et bien de mieux communiquer avec leur enfant...)

Avec tout ça, nous, on s'est laissés tenter... On a la chance, en plus, de pouvoir participer à des ateliers Signe avec Moi par l'intermédiaire de l'association de maternage que je fréquente : un bon moyen de se "motiver" en groupe pour apprendre de nouveaux signes. C'est un excellent complément du livre* de Monica Companys !

Alors, me direz-vous, concrètement, comment ça marche ?

C'est tout simple : on "illustre" nos propos de mots signés. Il ne s'agit donc pas de "parler" la langue des signes : on ne fait usage que de quelques mots de vocabulaire, sans se soucier de la grammaire ou la syntaxe (dans la "méthode" Signe avec Moi*, toutefois, les auteures ont fait le choix d'utiliser de vrais signes tirés de la LSF). La mise en application est quotidienne et se fait naturellement selon les activités de la journée : changer la couche, se promener, jouer, manger, téter, dormir, ou encore papa, maman, les sœurs, le bain, le chien, le chat, le singe ou l'éléphant (on en voit assez peu par chez nous, c'est vrai, mais les filles adorent ces signes qu'elles font régulièrement à table sous les yeux émerveillés de leur petit frère...), c'est bon, j'aime, je reviens, ou encore pomme, poire, carottes et tout ce qui passe dans l'assiette...  Pour l'heure, nous les utilisons essentiellement pour nous les approprier - Elliott est trop petit pour les reproduire. Par la suite, nous verrons bien s'il se les approprie aussi... Nous ne sommes pas à la recherche d'un résultat (dans notre groupe, aucun enfant n'a encore signé, or certains ont plus de 10 mois ; dans d'autres groupes, l'animatrice a vu des enfants de 1 an acquérir un répertoire de plus de 25 signes en une semaine !) : au pire, nous n'y gagnerons rien, au mieux nous pourrions avoir quelques belles émotions - et dans tous les cas, nous aurons découvert un petit peu de la langue et de l'histoire sourde, et nous aurons aussi sensibilisé les aînées à cette langue.
Mais promis, je vous fais signe si on arrive à établir une communication gestuelle avec Elliott !


1- Résultat des observations et travaux menés dans les années 80 par Joseph Garcia, spécialiste de l'ASL, aux États-Unis.


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Quelques ressources, pour aller plus loin :

Sur l'utilisation des signes avec des enfants entendants :
- un article tiré du magazine Cerveau et Psycho : http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/f/fiche-article-dossier-langage-le-langage-gestuel-des-bebes-20828.php
- un dossier entier, fort intéressant, consacré à la langue des signes utilisée avec les bébés, mais aussi les enfants handicapés, dans le n° 18 de Grandir Autrement : http://blog.grandirautrement.com/index.php/post/2009/07/08/Sortie-du-n18
- le site Signe avec Moi : http://signeavecmoi.com/doku.php?id=
- l'émission Fais-moi signe sur Gulli : http://www.gulli.fr/Chaine-TV/Emissions/Fais-moi-signe

D'autres articles, pris au hasard sur le net, qui disent à peu près tous la même chose :
- Maman pour la vie : http://www.mamanpourlavie.com/sante/enfant/developpement/langage/45-langage-des-signes-pour-bebe.thtml
- parents.fr : http://www.parents.fr/parent/nourrisson/eveil-bebe/dossiers-eveil-bebe/le-langage-des-signes-pour-communiquer-avec-bebe/%28gid%29/118875
- Planet Vertbaudet : http://www.planet.vertbaudet.com/communiquer-avec-bebe-le-langage-des-signes.htm
- V-Tech en a même fait une cartouche de jeu !! http://www.vsmilebaby.fr/index.php?th=23

Sur l'histoire sourde :
- un wiki-article : http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_sourde

Sur la LSF :
- un autre wiki-article, parmi tant d'autres sources possibles : http://fr.wikipedia.org/wiki/Langue_des_signes_fran%C3%A7aise